A propos du fonds de dotation

Génération Avant-Garde est historiquement lié aux sports. Ce fonds de dotation a été créé, en 2019, par l’AGJA, association bordelaise qui propose du sport et des loisirs depuis plus de cent ans avec un esprit de partage et de solidarité.

Nous devions agir pour donner une chance à tous de s’accomplir par le sport.

Nos valeurs

La solidarité, l’entraide et la bienveillance font partie de nos vies.

De plus, notre priorité est d’être à l’écoute de ceux qui espèrent, favoriser l’égalité des chances, agir sur l’insertion et la cohésion sociales et impulser des changements sur la société.

Notre fonctionnement

Nos actions sont uniquement réalisées grâce aux dons et par l’organisation d’évènements caritatifs. A ce titre, notre fonds de dotation est :

  • reconnu d’intérêt général,
  • éligible au mécénat
  • autorisé à l’appel à la générosité publique.

Ainsi, nous accompagnons nos sportifs amputés ou nos graines de champion en fonction des dons reçus. Rapport d’activité 2021

Notre équipe

Nous sommes mobilisés pour réaliser les rêves de ces personnes et leur permettre d’accomplir leur vie à travers le sport.

équipe Génération Avant Garde 2022

De plus, un Comité Consultatif regroupant des experts dans leur domaine d’activité, interviennent ponctuellement. Ils nous assistent sur différentes thématiques : Communication, Validation des dossiers candidats, Organisation d’évènements, Relations Donateurs.

Des bénévoles nous assistent lors de nos évènements caritatifs.
Venez nous aider de manière ponctuelle ou régulièrement, n’hésitez pas à nous contacter

Une marraine investie : Sophie Loubet

Le 22 mars, Génération Avant-Garde officialise la mission de marraine dans laquelle Sophie Loubet s’investit déjà. Qui mieux que cette jeune femme volontaire et pleine d’énergie nous aiderait à sensibiliser le plus grand nombre à la pratique sportive des personnes amputées ?

Amputée depuis mai 2019 des suites d’un cancer, son existence a été bouleversée. Pourtant, Sophie, 35 ans, réussit à transformer sa vie positivement malgré le handicap. Rencontre avec une championne de la résilience et de l’optimisme.

A l’origine : une rencontre

Suite à mon amputation, mon seul objectif était de reprendre ma vie d’avant. Mais tant au sein de mon couple que sur le plan professionnel, rien ne s’est passé comme prévu. J’ai forcé pour reprendre ma place, montrer que je n’avais pas changé, que j’étais toujours capable de travailler avec la même efficacité, toujours la même femme pour mon mari. J’y ai cru et j’y ai mis toute mon énergie. Pour moi, reprendre ma vie là où je l’avais laissée, permettrait à mon entourage de réaliser que j’étais restée moi-même, que j’étais comme eux. Pourtant ils n’ont pas accepté ma différence car ils ne voulaient pas admettre le handicap. Ma vie d’avant ma repoussée complètement. En un clin d’œil, j’ai perdu mon travail et mon mari.

Sophie Loubet, marraine de Génération Avant Garde

C’est à ce moment-là que mon ortho-prothésiste, affilié au groupe Proteor, m’a proposé de participer à un événement sportif qui s’est déroulé à Hendaye, organisé par Proteor, Génération Avant-garde, l’association Handi Surf et l’Association Surfeurs Dargent. Pour la première fois, je suis sortie de chez moi pour partager une activité avec des personnes amputées.

Ce fut un vrai bonheur de retourner à l’eau, après plus de 5 ans et d’essayer de surfer avec une prothèse de sport dont j’ignorais l’existence.

A l’issue de cette journée, une cérémonie était organisée par Génération Avant-Garde pour remettre 2 lames de courses à Damien, un jeune homme de 20 ans, double amputé tibial. Il attendait ce moment depuis plusieurs années. Ces 2 lames étaient indispensables pour lui permettre de reprendre le sport et de commencer la boxe comme il le souhaitait. Le voir tellement heureux m’a beaucoup touchée. A 20 ans, chacun a besoin de s’amuser, de se dépenser, mais sans Génération Avant-Garde, ce serait resté impossible pour Damien. Ma rencontre avec l’équipe m’a confirmé qu’ils défendaient une cause formidable et essentielle.

La reconstruction par le sport

Suite à cette journée à Hendaye, j’ai saisi toutes les occasions de participer à des événements sportifs. Je me suis consacrée à ces activités agréables et enthousiasmantes. Faire de nouvelles rencontres, côtoyer d’autres personnes amputées, voir du monde : j’ai découvert l’univers du handicap. Parmi les personnes handicapées, comme moi-même, je me sens très heureuse. Dans ce monde, il y a de l’entraide, de la solidarité, du partage. Il n’y a pas de vice, ni de jalousie. On se tire tous vers le haut pour s’épauler. Les plus faibles ne sont pas délaissés, au contraire. Je ne connaissais rien de tout cela dans mon monde d’avant.

Après une amputation, la personne se redécouvre car elle ignore de quoi elle est capable. Persuadée, au départ, que tout est terminé, elle est convaincue qu’il sera désormais impossible de s’amuser ou pratiquer un sport. En effet, tout paraît difficile et compliqué et elle ne se lance pas. Mais il suffit d’un déclic, d’une occasion. A partir de ce moment-là, la personne amputée s’aperçoit qu’elle possède toujours un potentiel d’action et cherche ses limites. Comme un enfant qui apprend à marcher, de plus en plus vite, puis qui court, jusqu’à tomber. Pour l’instant, je teste car je n’ai pas encore trouvé ma limite. Reprendre le sport m’a donné des ailes et je prends conscience de mes capacités. A présent, je me dis que je suis capable de déplacer des montagnes. J’ai des objectifs de compétitions, je suis motivée, ça fait du bien.

Sur les réseaux sociaux, je partage tout ce que je vis d’enthousiasmant. J’ai à cœur de prouver qu’il est possible d’être heureux et de vivre de belles expériences en étant amputé. Je suis fière de porter une prothèse, je la montre volontiers, dans la vie quotidienne aussi bien que sur les réseaux. J’ai envie de montrer tout ce que nous pouvons réaliser avec ces prothèses. Des ingénieurs travaillent à les développer. Elles sont exceptionnelles. Sans elles nous serions immobilisés. Alors, nous devons être fiers de les utiliser.

La mission de marraine

Quelques mois après notre rencontre, l’équipe de Génération Avant-Garde m’a proposé d’en devenir la marraine. Pour eux, c’est important d’être représentés par quelqu’un d’amputé. Le fait de porter une prothèse et de pratiquer activement plusieurs sports m’ouvre des portes. De nombreuses personnes s’intéressent et viennent vers moi pour me questionner. Je peux les amener à discuter des causes défendues par Génération Avant-Garde plus facilement qu’une personne valide et leur offre une visibilité.

Je constate l’effet positif de la pratique sportive pour tout le monde. Offrir cette possibilité à ceux qui le souhaitent, comme le fait Génération Avant-Garde, est essentiel. Je suis heureuse de soutenir leur action.

Eux ont vu en moi l’opportunité de sensibiliser à leur cause un large éventail de personnes ou d’organisations par le biais de mes rencontres et de mes déplacements.

J’ai accepté volontiers de les aider à atteindre leurs objectifs

J’essaie de trouver des mécènes, des donateurs. Le plus difficile, c’est de réunir les fonds pour pouvoir acheter les prothèses sportives. Une lame de course pour amputé tibial coûte environ 10 000 €, c’est beaucoup mais c’est moins cher qu’une prothèse de ski. Le fonds de dotation Génération Avant-garde finance ces prothèses pour ses bénéficiaires. Ensemble, nous organisons aussi des événements. Ainsi, les sportifs accompagnés apprennent à utiliser leurs prothèses. Les mécènes constatent la légitimité de leur don.

Des difficultés à surmonter

Nous, personnes amputées, sommes confrontées à une difficulté matérielle. Nombre de nos actions dépendent de l’équipement. C’est un problème de coût et de temps.

Nous passons énormément de temps à travailler le matériel, à le prévoir, à l’assembler, à l’enfiler, à nous préparer nous-même. Une personne valide qui s’entraîne peut pratiquer bien plus que nous. Car nous perdons beaucoup de temps à nous appareiller et à nous organiser. Pour moi, il est impossible de remédier à cette difficulté, nous devons l’accepter et trouver les aménagements qui nous conviennent le mieux.

Concernant le coût, il y a des solutions à trouver. Le fait que les prothèses sportives ne soient pas prises en charge par la Sécurité Sociale ou la MDPH n’est pas acceptable. Comment refuser à un enfant, un ado ou un jeune de courir, de se dépenser ou de faire un peu de sport ? Ce n’est pas possible. Un enfant avec sa prothèse quotidienne ne peut pas courir. Et un enfant qui ne court pas, c’est inimaginable. Pourtant c’est un problème que rencontrent les enfants amputés. Le coût est trop important pour les familles, les enfants grandissent et les prothèses doivent s’adapter à eux. Pour les adultes, le sport est simplement une condition à l’entretien de la santé, l’épanouissement et l’acceptation.

Pour toutes ces raisons, elles devraient être prises en charge. Avec Génération Avant-Garde, nous travaillons à faire évoluer cette situation.

Des actions en cours

Gérard Belda, président du fonds de dotation Génération Avant-Garde s’est lancé, avec son équipe, dans le combat suivant : favoriser la prise en charge des prothèses sportives par la Sécurité Sociale.

Il a contacté Gérald Carmona, conseiller départemental de Gironde, porte-parole de la fondation Bergonié, l’Institut contre le cancer de l’hôpital de Bordeaux, afin de le sensibiliser aux actions de Génération Avant-Garde. M. Carmona s’est fixé deux causes à défendre durant son mandat, l’une d’elle est la nôtre. Engagé à nos côtés, il a déjà commencé à agir au sein du conseil départemental et en rencontrant la sénatrice. Tous ensemble, nous avons amorcé la sensibilisation des chirurgiens et oncologues de Bordeaux.

Tout avance et ce n’est que le début. Comme dit M. Belda : “Si cela peut être résolu, nous trouverons d’autres combats. Dans le monde du handicap, il y aura toujours quelque chose à améliorer.”

S’engager aux côtés de Génération Avant-Garde

Il est possible de soutenir les actions de Génération Avant-Garde tout simplement en faisant un don. Participer matériellement, physiquement, en donnant de son temps ou en diffusant les informations sont également des moyens de s’engager à nos côtés.

Les personnes qui se lanceront avec nous, qui accepteront de nous aider s’y retrouveront forcément. Se sentir utile apporte beaucoup de bonheur. Chacun d’entre nous doit saisir l’occasion de faire du bien dans ce monde.